ART GALLERY & CREATIONS présente :
Jean CHAUCHARD est né il y a quarante-huit ans à Rodez où il a passé son enfance et son adolescence. Il a ensuite fréquenté l'école des beaux-arts de Clermont-Ferrand, puis celle de Paris, de 1965 à 1970, figurant parmi les dix logistes Grand Prix de Rome 1968, année où il participa activement aux événements de mai.
Epicurien et grand amateur de bons vins, il a sculpté (pour se faire pardonner ?) beaucoup de fontaines, en particulier celles de la place de Jaude à Clermont-Ferrand, de Rodez, de Thiers, de Lezoux, d’Arpajon, etc. On lui doit aussi les monuments de Georges Pompidou à Montboudif, d’Henri Pourrat à Ambert, de Marcel Paul (ex-ministre de de Gaulle) à Gerzat, et diverses autres statues, notamment à Cusset (Allier) et à Meymac (Corrèze).
S’il voue une prédilection au travail de la pierre et une véritable passion pour le marbre de Carrare, cet artiste plasticien utilise d’autres matériaux tels que le bois et le bronze. Lui-même plutôt petit de taille, il affectionne les sculptures monumentales, et toutes les femmes de son « harem de marbre » ne mesurent pas moins de 2,40 m. de haut.
SCULPTURES SUR BOIS ...
Bois d'arbres fruitiers : tilleul, noyer, pommier, poirier.
FONTAINE DES POTIERS.
H. 2,60 m. ; bassin 4 x 4 m. ; poids 10 t.
Grès de Pandres.
Commande de la Municipalité de Lezoux.
Hommage à Henri Pourrat, écrivain.
Fontaine en granit d'Ambert : H. 4,50 m. ; L. 3,50 m. ; poids 35 t. (1972)
Commande de l'association des amis d'Henri Pourrat. (Ambert, Puy-de-Dome)
DANS L'ATELIER DE JEAN CHAUCHARD ...
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« Je suis aux prises avec trois petites femmes : j’ai beau les caresser avec mon marteau, elles restent de marbre. Le temps de les réveiller et je suis à vous... » Même sur son répondeur téléphonique, le sculpteur Jean Chauchard cultive avec humour son érotomanie. On ne s’étonne plus, dès lors, que ce fils de tailleur de pierre ruthénais soit venu très tôt se fixer au pays des volcans, « là où le diable rangea un jour ses marmites et les oublia... » Avec sa moustache fourchue et ses yeux qui lancent d’étranges flammes, il ne se prend pas, cependant, pour un luciférien. Vous avez dit Luci fait rien ? Peut-être se repose-t-elle, entre deux séance de pose... |
| De Bataille à la « Cicciolina » Georges Bataille, autre grand prêtre du culte d’Eros, qui naquit tout près, à Billom (Puy-de-Dôme), aurait sans doute aimé ce voisin au sourire encanaillé, entouré d’un harem de dizaines de femmes sans (aucun) voile, taillées dans la masse du somptueux marbre de Carrare. En dehors de ce troublant voisinage, rien de bien commun cependant entre les noirs desseins de la plume souvent morbide de l’auteur de « La part maudite » et le ciseau câlin du sculpteur de Moissat-Haut, si ce n’est cette phrase du premier : « Ce que je dis est une provocation, ce n’est pas un aveu... » On pense tout de suite au bronze aux formes phalliques offert à la « Cicciolina », de passage à Clermont-Ferrand, il y a quelques mois. La vaporeuse Député italienne avait d’ailleurs fort bien pris la chose, comme le souligne avec malice Jean Chauchard, dont la croisade va un peu dans la même... sens, faire sauter les tabous qui entourent encore le sexe. |
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« Et pourtant, explique-t-il, nous avons fait 68, cette révolution des mœurs sans laquelle nous aurions perdu cinquante ans. Dès ce moment-là, j’ai pensé qu’on pouvait tout montrer et je continue à le croire. Il n’empêche , si les copains viennent me voir dans mon atelier et son les premiers témoins de mes créations, rares sont les hommes politiques, les décideurs, à faire la même démarche, comme s’il redoutaient de se compromettre en franchissant le seuil... » |
| Un ballet d’amour De fait, l’atelier - très éclaté - de Chauchard n’est pas un lieu de perdition, mais une sorte de paradis retrouvé où l’acte sexuel n’est plus caché comme une tare, mais présenté comme un ballet d’amour... Ici, pas d’hypocrites limites à l’érotisme, si ce n’est l’obsénité. Mais c’est précisément le rôle de l’artiste d’éviter ce piège en privilégiant toujours la beauté, même dans les gestes et les attitudes le plus intimes. Dans son univers de caresses, l’artiste ne fait que rester fidèle au bon vieux slogan des « soixante-huitards » : « Faites l’amour et pas la guerre ». N’est-ce pas une douce compensation à ce que nous montre aujourd’hui la sacro-sainte « télé » : du sang, des souffrances, des morts, avec une certaine complaisance pour les images les plus insoutenables, depuis les « écrabouillés » des stades jusqu’aux exécutions les plus sommaires ? |
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Dans un monde où la notion de pouvoir s’est insinuée jusque dans les relations amoureuses pour se substituer à la notion de partage ; où l’égocentrisme associé au matérialisme forcené érode le désir charnel, pour peu que s’en mêle la peur du sida, l’œuvre de Chauchard, un peu comme la lambada, a quelque chose de gai et de vivifiant. |
| Elle réconcilie avec le naturel, l’authenticité de la sexualité qu’on apprend désormais à l’école, mais qu’on redoute encore de rencontrer au détour d’un square, même avec le filtre de l’expression artistique... s’il partage avec Aragon l’assurance que « la femme est l’avenir de l’homme », Jean Chauchard ne se complaît pas dans les méandres de l’esprit pour chanter l’amour et la beauté dans la pierre. Il se contente du seul détour de la rondeur d’un sein, du galbe d’une hanche, d’une chute de rein, avec une nette propension pour les formes (très) généreuses et une réelle aptitude pour capter les mille nuances de l’extase... |
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« Si la femme, dit-il, est toujours présente dans mes œuvres ce n’est pas pour la glorifier en général, mais parce que chaque femme est pour moi indiviuellement extraordinaire. Regardez la « Ciccolina » : elle incarne un fantasme de société que j’estime à sa place dans mes ateliers. » Cette vénération ne l’empêche pas de pratiquer parallèlement le culte de l’amitié dans un contexte rural où souvent la cave sacralise les rencontres. Une telle complicité et sa bohème prolongée, faisant fi des conventions bien pesantes, l’éloignent des réseaux mondains qui font ou défont les renommées. Peu importe, il connaît le secret pour faire chanter « Youpi », son fidèle chien « crooner », toujours prêt à se jeter dans ses bras... |
| Sculptures et fresques ... Marbre de CARRARE et granit. Hauteur : environ 2,60 m. |
D’après un texte de Jean Claude DELAYGUES.
BUSTES ...
Fontaine NENUPHAR
Bassin : 7 x 7 m. ; H. 1,60 m. ; poids 10 t.
En lave de Chambois.
Commande de la ville de LEMPDES (Puy-de-Dome.) - 1992.
Monument du Parc de Monjuzet : RACINE.
H. 4,50 m. ; L. 2,30 m. ; poids 15 t.
Lave du Mont-Dore.
Commande privée du Maire de Clermont-Ferrand, offert à la
ville pour le parc de Monjuzet à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dome).
Monument de l'Estive à Allanche (Cantal).
Basalte : H. 2,00 m. ; L. 1,40 m. Commande de l'association de l'Estive pour la race de Salers (1996)
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